La memoire et la mer, de Léo Ferré

Léo Ferré era un poeta (y cantautor) monegasco al que descubrí por la bonita vía de Amancio Prada, en su disco Vida de artista, en donde Amancio versiona, recompone y canta algunos de los poemas de Ferré.

Léo Ferré, Fête du PSU, Parc de La Courneuve, 1973

El poema La memoria y el mar -no es la primera vez que hablamos en este blog de esa maravilla- pertenece a ese grupo, y me resulta absolutamente fascinante. Quizá gran parte de la fascinación que ejerce sobre mí se debe a lo mucho que me queda por entender del poema -para mí, complejísimo. Diría que es necesario conocer bien a Léo Ferré y a su poesía (y también conocer bien el idioma francés) para poder extraer conclusiones del poema. Os dejo a continuación esos versos, y las versiones de ambos cantantes:

La marée, je l'ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur
De mon enfant et de mon cygne
Un bateau, ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années lumières et j'en laisse
Je suis le fantôme jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baiser
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts du sable de la terre
Rappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps-là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au ras des rocs qui se consument
Ô l'ange des plaisirs perdus
Ô rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude
Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ô parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais, géométrisant
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans Les draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus
Et toi fille verte, mon spleen
Les coquillages figurant
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tant
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieux des granits, ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue
Dans cette mer jamais étale
D'où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles
Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du fla-fla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue, aux musiques mortes
C'est fini, la mer, c'est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d'infini
Quand la mer bergère m'appelle

Fuente: Musixmatch
Léo Ferré – La mémoire et la mer (Audio Officiel)
La memoria y el mar – Amancio Prada – Vida de artista

La memoria y el mar


Este poema de Leo Ferré musicado por Amancio Prada es un regalo para los sentidos.

La marea, en el corazón,
me zarandea como un cisne.
Me muero en cada canción,
de una inocencia al aire libre.
Al fin un barco depende
de cómo atraque en el puerto.
Mi firmamento se expande,
mil años luz, y es incierto.

Soy el fantasma de luna,
que sale en noches de escarcha
para abrazarte en la bruma,
y recogerte en su marcha.
En la almadraba de Julio,
aquel atún solitario
que parecía rezar
con las perlas de un rosario.

Recuerda el perro de mar,
que libramos de condena
empeñado en enterrar
las algas sobre la arena.
Late allí también la vida,
con su pulmón de franela.
Llora el tiempo a la deriva,
frío gris que nos espera.

Me acuerdo de aquellas tardes,
corriendo sobre la espuma
como caballos salvajes,
las caricias una a una.
Oh, ángel del placer perdido,
oh, rumor de aquella cumbre.
Mi deseo y poderío,
son ya nostalgia de la lumbre.

Diablo de las noches blancas,
en su lento amanecer.
Espada del paraíso,
en el musgo del placer.
Vuelve niña de los valles,
vuelve violín de las parras
al puerto donde las calles,
cantan por los camaradas.

Oh raro perfume salino,
en el fuego de tu herida.
Yo iba ciego a mi destino,
como llama de amor viva.
En el lecho fronda fiera,
al final me sonreías.
El azul de una vidriera,
y tú mi melancolía.

Las conchas de luz, espuelas
bajo mis pies, se rompían.
Parecían castañuelas,
sonando por bulerías.
Ten piedad, dios de la piedra,
de su sino ornamental.
Cuando el cuchillo florezca,
su pecado original.

Yo notaba palpitante,
la vida que presentía
entre láminas de sangre,
de una antigua profecía.
Esa exactitud azul,
sobre ese mar nunca en calma
que me devuelve la luz,
a la memoria del alma.

Ese rumor que allí brota,
ese sol que ahora me ciega.
Estas manos que están rotas,
rumiantes manos de avena.
Ese rumor me persigue,
como un mendigo anatema.
La negra sombra que insiste,
en descifrar mi teorema.

Y como viento de Enero,
viene a golpear a mi puerta.
Ese rumor callejero,
como una música muerta.
Se hundió la mar,
se acabó, la arena bala en la playa
como rebaño infinito.
La mar, pastora, me llama,

Para Mónica.